Le terme « subprime » désigne ces fameux crédits immobiliers à risque qui ont provoqué la crise financière de 2008. Octroyés à des emprunteurs fragiles financièrement, ces prêts hypothécaires américains portent un taux d’intérêt élevé. Contrairement aux crédits « prime » classiques accordés aux bons profils, les prêts subprimes ciblent des ménages qui, normalement, n’auraient pas accès au crédit immobilier traditionnel.
Trois caractéristiques fondamentales distinguent ces prêts à haut risque :
Une hypothèque systématique garantie par le bien immobilier acheté (mortgage)
Des conditions d’obtention nettement moins rigoureuses que pour un crédit immobilier standard
Le marché des subprimes a connu son apogée entre 2003 et 2007 aux États-Unis. Le système bancaire américain évalue la solvabilité via un « credit score » déterminant pour l’accès au financement. Les emprunteurs subprimes possèdent généralement un score inférieur à 620 points (sur 850), les classant dans la catégorie des clients risqués selon les établissements de crédit.
Cette innovation financière toxique a bouleversé l’économie mondiale et modifié profondément les approches d’investissements financiers. Pour vous qui cherchez à optimiser vos placements financiers et diversifier votre portefeuille, comprendre le mécanisme des subprimes s’avère fondamental, car ils ont transformé l’ensemble des marchés, y compris les comptes-titres que vous utilisez pour investir en valeurs mobilières.
Le conseil de PPM
En tant que gestionnaire de patrimoine, je vous recommande vivement d’analyser la composition exacte des produits financiers complexes avant d’investir. La crise des subprimes nous a enseigné une leçon fondamentale : la transparence est votre meilleure protection. Privilégiez toujours les véhicules d’investissement dont vous comprenez parfaitement le fonctionnement et les risques sous-jacents. Les ETF sur indices larges ou le PEA pour les actions européennes offrent cette clarté indispensable, contrairement aux produits structurés opaques qui peuvent dissimuler des risques considérables.
Le contexte économique de développement des subprimes
La montée en puissance des crédits hypothécaires à risque trouve ses racines dans la politique américaine visant à démocratiser l’accès à la propriété dès 2001. Cette stratégie interventionniste cherchait à revitaliser l’économie après l’éclatement de la bulle Internet, en facilitant l’acquisition de logements pour les foyers modestes, notamment les minorités ethniques.
Les chiffres sont éloquents : entre 2002 et 2006, le volume des prêts subprimes a explosé, passant de 200 milliards à 640 milliards de dollars. Cette croissance fulgurante représentait près du quart de tous les crédits immobiliers accordés aux États-Unis.
Pourquoi une telle expansion incontrôlée du crédit hypothécaire à risque ? Cinq facteurs décisifs expliquent ce phénomène :
La politique monétaire ultra-accommodante de la FED avec des taux historiquement bas après les attentats de 2001
La pression constante du pouvoir politique pour généraliser l’accès à la propriété comme composante du « rêve américain »
L’absence de cadre réglementaire contraignant pour évaluer rigoureusement la solvabilité des emprunteurs
Un système de rémunération offrant des commissions aux courtiers plaçant ces crédits toxiques
Les géants semi-publics du refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac, ont joué un rôle catalyseur dans cette spirale du crédit facile. En rachetant massivement ces créances douteuses aux banques commerciales, ils ont permis aux établissements de crédit de poursuivre leurs pratiques risquées sans en assumer les conséquences à long terme.
Cette politique de relance économique basée sur la bulle immobilière semblait efficace à court terme, mais reposait sur des fondamentaux économiques fragiles qui allaient bientôt s’effondrer spectaculairement.
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L’ingénierie financière des subprimes reposait sur un écosystème sophistiqué d’acteurs aux intérêts entrelacés. Au cœur du système se trouvaient les emprunteurs NINJA (No Income, No Job, No Asset) – ces ménages sans revenus réguliers, sans emploi stable et sans patrimoine. Ces profils, traditionnellement exclus du crédit immobilier classique, voyaient soudain s’ouvrir les portes de la propriété malgré leur fragilité financière évidente.
Face à eux, les établissements financiers alléchés par les marges de ces prêts à risque. Les taux d’intérêt majorés, censés compenser le risque élevé de défaut, promettaient des rendements exceptionnels. Cet écosystème englobait plusieurs types d’acteurs :
Des banques régionales en quête de croissance rapide
Des organismes de crédit spécialisés dans le prêt aux profils fragiles
Des courtiers commissionnés pour placer ces produits toxiques
Des arrangeurs financiers chargés de structurer les opérations de titrisation
Entre ces deux extrémités de la chaîne opérait tout un réseau d’intermédiaires cruciaux pour le fonctionnement du système :
Les agences de notation évaluant et certifiant la qualité des produits financiers dérivés
Les hedge funds spéculant sur ces actifs à fort rendement potentiel
Les compagnies d’assurance proposant des CDS (Credit Default Swaps) contre les défauts
Techniquement, ces prêts hypothécaires à risque fonctionnaient avec une structure de taux particulièrement pernicieuse. Contrairement aux crédits immobiliers français majoritairement à taux fixe, les subprimes reposaient sur des taux variables indexés sur le LIBOR ou les décisions de la FED. Plus retors encore, ces crédits utilisaient souvent une structure de taux « teaser » – un taux artificiellement bas les premières années (généralement 2-3 ans), puis un bond spectaculaire ensuite, piégeant l’emprunteur dans une spirale d’endettement intenable.
La titrisation constitue la clé de voûte technique qui a transformé un problème de crédit local en crise financière mondiale. Cette technique permettait de regrouper des milliers de prêts individuels en « paquets », puis de les transformer en titres financiers négociables sur les marchés. Ces véhicules d’investissement complexes, baptisés ABS (Asset-Backed Securities) ou Collateralised Debt Obligation ou CDO, étaient ensuite vendus à des investisseurs du monde entier, affamés de rendement dans un contexte de taux bas.
Le tableau ci-dessous détaille ces produits dérivés au cœur de la crise :
Type de produit
Description
Risque associé
ABS (Asset-Backed Securities)
Titres adossés directement à des créances hypothécaires
Modéré à élevé selon la composition du panier de créances
CDO (Collateralized Debt Obligations)
Produits structurés contenant différentes tranches de risque
Variable selon la tranche (AAA à non noté), souvent opaque
CDS (Credit Default Swaps)
Contrats d’assurance contre le défaut de paiement des emprunteurs
Extrêmement élevé en cas de défauts massifs et simultanés
CDO² (CDO de CDO)
Produits dérivés au carré, constitués de tranches de CDO
Toxique et totalement opaque, risque systémique majeur
Cette mécanique financière offrait deux avantages majeurs aux banques émettrices : elle permettait d’abord de sortir ces crédits risqués de leur bilan comptable, diminuant artificiellement leur exposition au risque. Ensuite, elle générait des liquidités immédiates qu’elles pouvaient réinvestir dans de nouveaux prêts, alimentant ainsi un cycle d’expansion du crédit potentiellement infini.
Véritable point aveugle de ce système, les agences de notation (Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch) accordaient régulièrement des notes excellentes (AAA) à ces constructions financières opaques. Ces évaluations rassurantes incitaient des investisseurs institutionnels prudents comme les fonds de pension ou les assureurs à acheter massivement ces produits en réalité bourrés de créances toxiques.
L’éclatement de la bulle immobilière et la crise financière
L’injection massive de capitaux dans l’immobilier américain a engendré une véritable bulle spéculative aux proportions historiques. Entre 2000 et 2006, les prix des logements aux États-Unis ont grimpé de plus de 80% en moyenne nationale. Certaines régions comme la Californie, la Floride ou le Nevada ont connu des progressions encore plus spectaculaires, dépassant 100%.
Ce mécanisme d’auto-alimentation est devenu incontrôlable : la flambée des prix immobiliers encourageait les banques à prêter davantage, car la valeur des garanties hypothécaires augmentait continuellement. Les ménages américains ont plongé dans une frénésie d’endettement, parfois en cumulant plusieurs crédits sur un même bien.
Beaucoup utilisaient la valorisation théorique de leur maison pour financer leur consommation quotidienne via des prêts hypothécaires renouvelables (Home Equity Line of Credit).
Alertée par les signaux de surchauffe économique et d’inflation, la Réserve Fédérale a enclenché, à partir de juin 2004, un resserrement monétaire progressif. Le taux directeur américain est passé de 1% à 5,25% en l’espace de deux ans, provoquant un effet domino sur les prêts à taux variables.
Cette hausse des taux a déclenché une cascade d’événements dévastateurs :
Augmentation brutale des mensualités de crédit pour les emprunteurs (+30% à +50%)
Explosion des défauts de paiement dès le second semestre 2006
Avalanche de saisies immobilières dans des quartiers entiers
Effondrement des prix de l’immobilier alimentant une spirale baissière
Dévaluation massive des produits financiers adossés à ces créances douteuses
La contamination du système financier mondial s’est propagée à travers les produits titrisés qui avaient dispersé ces risques toxiques dans d’innombrables portefeuilles d’investir en bourse à travers la planète. Une méfiance paralysante s’est installée sur les marchés interbancaires, gelant les liquidités et menaçant même les institutions financières les plus robustes.
Cette crise systémique a atteint son paroxysme avec la faillite spectaculaire de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, provoquant un séisme financier mondial et une crise de confiance sans précédent depuis 1929. Pour éviter l’effondrement total du système, les gouvernements et banques centrales ont dû mobiliser des milliers de milliards de dollars d’aide d’urgence.
Cette tempête financière a pulvérisé la valeur de nombreux investissements et contraint les épargnants à reconsidérer fondamentalement leurs stratégies de placement. Les cours boursiers se sont effondrés de plus de 50% sur certains marchés, anéantissant des années de gains. Suite à ce traumatisme collectif, les régulateurs ont drastiquement renforcé les stress test des banques pour anticiper et prévenir toute nouvelle défaillance systémique.
Bon à savoir
La débâcle des subprimes a mis en lumière le rôle crucial et problématique des agences de notation. Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch avaient attribué des notes AAA (qualité maximale) à des produits structurés bourrés de créances toxiques. Ce fiasco dans l’évaluation des risques a entraîné une refonte complète des méthodes de notation et un durcissement de la réglementation concernant les indices boursiers et produits dérivés. Aujourd’hui, les épargnants bénéficient d’une meilleure protection et d’une transparence renforcée dans l’univers financier.
Les conséquences de la crise en France
Malgré l’absence de crédits subprimes sur son territoire, l’Hexagone n’a pas échappé au tsunami financier venu d’outre-Atlantique. L’économie française a subi les répercussions internationales de cette déflagration financière. Les dégâts, multiples et durables, ont profondément altéré le tissu économique et social du pays pendant près d’une décennie.
L’économie hexagonale a plongé dans une récession brutale. Le PIB français a commencé sa descente dès le second trimestre 2008, pour s’effondrer de -2,9% en 2009 – la plus violente contraction depuis l’après-guerre.
Entre 2008 et 2014, la croissance économique française n’a cumulé que 1,6% sur sept ans, un chiffre dérisoire comparé aux 10% à 12% qu’aurait dû connaître l’économie sur cette période en temps normal.
La destruction de 115 000 emplois rien qu’en Île-de-France entre 2008 et 2009
Une explosion du chômage de +2,4 points en moins de deux ans (7,2% à 9,6%)
L’effondrement du secteur intérimaire avec 130 000 postes supprimés dès 2008
Un effondrement industriel atteignant -12% d’emplois dans certains départements manufacturiers
Un bilan catastrophique de 800 000 chômeurs supplémentaires sur la période 2008-2014
Le tissu entrepreneurial français s’est déchiré sous le poids de cette crise, avec un pic historique de faillites atteignant près de 60 000 entreprises en 2009. Cette vague de défaillances a particulièrement frappé les PME et TPE, véritables poumons économiques des territoires.
Les finances publiques ont subi une dégradation spectaculaire et durable :
Un envol de la dette publique de 64,5% à 79% du PIB en seulement deux ans (+15 points)
Un creusement abyssal du déficit public sous l’effet des plans de soutien économique
La création en urgence de la SFEF pour injecter 100 milliards d’euros de liquidités garanties par l’État
Des opérations de sauvetage bancaire coûteuses, comme celui de Dexia (0,3% du PIB)
Les épargnants investissant dans des actions ont vu leurs portefeuilles fondre, avec des chutes boursières dépassant 50% sur certaines valeurs. Cette période traumatisante a démontré l’importance cruciale de la diversification des investissements et l’intérêt des enveloppes fiscalement protectrices comme le PEA pour traverser les turbulences financières.
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Les spécificités européennes et françaises face aux subprimes
Le système bancaire européen, particulièrement français, présente des caractéristiques structurelles fondamentalement différentes qui l’ont partiellement immunisé contre la folie des subprimes. Ces disparités expliquent pourquoi une crise identique ne s’est pas développée directement sur notre territoire, malgré la contamination financière internationale.
En France, l’approche du crédit immobilier s’oppose radicalement au modèle américain fragmenté. Plusieurs barrières de protection garantissent la stabilité du système :
La banque universelle à la française, où un même établissement gère l’intégralité du processus :
Évaluation rigoureuse de la solvabilité de l’emprunteur
Origination et distribution du crédit
Suivi et gestion des remboursements sur toute la durée du prêt
Traitement interne des éventuels contentieux
Des critères d’octroi drastiques et réglementés :
Analyse minutieuse de la capacité réelle de remboursement
Taux d’endettement strictement plafonné (33% des revenus maximum)
Exigence quasi-systématique d’un apport personnel significatif
Vérification documentaire approfondie des revenus et de l’emploi
La prédominance des prêts immobiliers à taux fixe :
Immunité contre les fluctuations des taux directeurs
Stabilité à long terme des mensualités sur 15, 20 ou 25 ans
Possibilité avantageuse de renégociation en cas de baisse des taux
Un cadre juridique protecteur pour les emprunteurs et le système :
Contrôle réglementaire strict des établissements de crédit
Protection légale renforcée des emprunteurs
Encadrement rigoureux des conditions contractuelles
La pratique de la titrisation demeure également beaucoup moins développée en Europe qu’outre-Atlantique. Les banques françaises conservent majoritairement à leur bilan les crédits immobiliers qu’elles accordent, ce qui les incite naturellement à une prudence accrue dans l’évaluation des risques. Cet alignement des intérêts entre prêteur et emprunteur constitue une protection structurelle fondamentale.
Ces spécificités expliquent pourquoi la France a évité une crise immobilière comparable à celle des États-Unis. Notre pays n’a pas connu de vague massive de défauts de paiement ni d’effondrement brutal des prix de l’immobilier résidentiel. Néanmoins, l’économie française a été sévèrement impactée par la contagion financière internationale, principalement via le commerce extérieur, les marchés financiers interconnectés et les investissements transfrontaliers.
Les banques françaises, bien que moins exposées directement aux subprimes américains, détenaient néanmoins dans leurs portefeuilles des titres adossés à ces créances douteuses. Plusieurs établissements, comme BNP Paribas ou Natixis, ont ainsi dû comptabiliser des dépréciations significatives sur ces actifs toxiques. Cette expérience a renforcé la vigilance des régulateurs et des investisseurs vis-à-vis de la qualité des actifs bancaires.
Les leçons tirées et les nouvelles régulations
Suite au traumatisme des subprimes, les autorités financières mondiales ont engagé une refonte profonde de l’architecture réglementaire pour renforcer la résilience du système bancaire et prévenir de futures crises systémiques.
Au niveau international, les accords de Bâle III ont radicalement durci les exigences prudentielles imposées aux banques. Ce nouveau cadre impose aux établissements financiers des coussins de capital beaucoup plus importants pour absorber d’éventuels chocs futurs.
Les principales réformes mises en œuvre comprennent :
Un renforcement sans précédent des ratios de fonds propres (passage de 8% à 10,5% minimum)
L’introduction d’un ratio de levier plafonnant strictement l’effet de levier excessif
La création de coussins de capital contracycliques pour tempérer les phases d’euphorie financière
L’imposition de nouvelles exigences de liquidité rigoureuses à court et long terme
L’identification et la surveillance spécifique renforcée des banques d’importance systémique mondiale (G-SIBs)
Les stress test des banques sont devenus beaucoup plus rigoureux et systématiques. Ces simulations extrêmes testent la résistance des institutions financières face à des scénarios catastrophes comme une récession sévère, un effondrement immobilier brutal, ou une crise des dettes souveraines. Les résultats, désormais publiés régulièrement, contribuent à la transparence du secteur et à la discipline de marché.
En Europe, la crise a catalysé la création de l’Union bancaire, dotée de mécanismes centralisés de supervision prudentielle (MSU) et de résolution des défaillances bancaires (MRU). Cette intégration de la surveillance au niveau supranational vise à harmoniser les pratiques de contrôle et à détecter plus précocement les risques systémiques transfrontaliers.
La titrisation, identifiée comme vecteur principal de propagation de la crise, fait désormais l’objet d’un encadrement drastiquement renforcé, particulièrement en Europe. Depuis janvier 2019, un nouveau cadre réglementaire européen impose le label « STS » (Simple, Transparent, Standardisé) pour toutes les opérations de titrisation souhaitant bénéficier d’un traitement prudentiel favorable.
Cette refonte réglementaire a profondément transformé le paysage des produits financiers accessibles aux investisseurs particuliers. L’offre s’est diversifiée et sécurisée, notamment via le développement spectaculaire des ETF et autres instruments de gestion passive répliquant fidèlement divers indices boursiers sans opacité. Les courtiers en bourse proposent aujourd’hui des solutions d’investissement nettement plus transparentes, adaptées aux différents profils de risque et soumises à des obligations d’information beaucoup plus strictes.
Une nouvelle crise des subprimes est-elle possible ?
Malgré l’imposant arsenal réglementaire déployé après 2008, plusieurs signaux inquiétants suggèrent que de nouvelles fragilités systémiques s’accumulent dans les zones d’ombre du système financier mondial. Si une réplique exacte de la crise des subprimes semble improbable, d’autres formes de déséquilibres émergent avec leurs propres spécificités.
Les politiques monétaires ultra-accommodantes déployées par les grandes banques centrales depuis la crise financière, puis massivement amplifiées durant la pandémie de COVID-19, ont créé un environnement de taux d’intérêt anormalement bas pendant plus d’une décennie. Cette situation inédite génère plusieurs vulnérabilités majeures :
Une quête de rendement frénétique poussant les investisseurs vers des actifs toujours plus risqués
Des valorisations stratosphériques sur de multiples classes d’actifs (immobilier, actions, obligations)
L’émergence continue de nouveaux produits financiers complexes échappant au radar des régulateurs
Une explosion généralisée de l’endettement public et privé à l’échelle mondiale
De nouveaux foyers potentiels de risque systémique se sont développés, non plus dans l’immobilier résidentiel américain, mais dans d’autres segments tout aussi préoccupants :
Le marché du crédit aux entreprises présente des signes alarmants :
Prolifération des prêts « covenant-lite » dépourvus des protections élémentaires pour les prêteurs
Multiplication des opérations de fusions-acquisitions financées par levier excessif
Expansion rapide du « shadow banking » échappant largement au cadre réglementaire bancaire traditionnel
Le crédit à la consommation connaît des mutations inquiétantes :
Explosion du crédit non bancaire via des plateformes digitales peu régulées
Démocratisation des plateformes de prêt entre particuliers sans supervision adéquate
Automatisation et simplification excessive de l’accès au crédit via les technologies financières
Les économies émergentes accumulent des fragilités structurelles :
Endettement massif en devises fortes (dollar, euro) les exposant aux chocs de change
Vulnérabilité critique aux fluctuations des flux de capitaux internationaux
Dépendance excessive aux financements extérieurs à court terme
Pour les épargnants et investisseurs particuliers, ce contexte appelle à une vigilance redoublée et une approche rigoureusement méthodique des marchés financiers. La diversification reste le principe cardinal de toute stratégie d’investissement robuste, tout comme l’attention scrupuleuse portée aux fondamentaux économiques plutôt qu’aux modes d’investissement éphémères.
Les placements générant des dividendes réguliers et croissants offrent une source de stabilité précieuse dans un environnement potentiellement volatil. Ils permettent de percevoir un revenu prévisible indépendamment des fluctuations boursières à court terme, particulièrement important en période d’incertitude économique.
Si les régulateurs financiers disposent aujourd’hui d’arsenaux réglementaires plus sophistiqués pour détecter et neutraliser les risques systémiques, la question fondamentale demeure : sauront-ils identifier suffisamment tôt les nouvelles configurations de risque qui émergent constamment dans un système financier en perpétuelle mutation ? L’histoire nous enseigne que les crises financières ne se répètent jamais à l’identique, mais surgissent systématiquement là où on les attend le moins.
Questions fréquentes
Pourquoi les subprimes ont-ils causé une crise financière mondiale ?
Les subprimes ont déclenché une crise mondiale car les risques de ces crédits toxiques ont été disséminés partout via la titrisation. Quand les défauts de paiement ont explosé, le système financier international s’est trouvé contaminé, provoquant une crise de confiance et un gel des liquidités interbancaires.
Comment calculait-on le taux d’intérêt d’un prêt subprime ?
Le taux d’un prêt subprime comportait généralement un taux de base faible les premières années (taux « teaser »), puis une forte majoration basée sur le profil de risque de l’emprunteur. Cette majoration pouvait atteindre 5 à 10 points au-dessus des taux standards, rendant les mensualités insoutenables pour de nombreux ménages fragiles.
Quel rôle ont joué les agences de notation dans la crise des subprimes ?
Les agences de notation ont contribué à la crise en attribuant des notes AAA (très sûr) à des produits financiers contenant des crédits subprimes risqués. Cette évaluation erronée a trompé les investisseurs sur le niveau réel de risque, permettant la diffusion massive de ces actifs toxiques dans les portefeuilles d’investissement mondiaux.
Que signifie NINJA dans le contexte des subprimes ?
NINJA est l’acronyme de « No Income, No Job, No Assets », désignant les emprunteurs sans revenus, sans emploi et sans patrimoine qui ont pourtant obtenu des prêts immobiliers pendant la bulle des subprimes. Ces profils extrêmement risqués illustrent parfaitement le laxisme des critères d’octroi de crédit qui prévalait avant la crise.
Comment protéger son épargne en cas de nouvelle crise financière ?
Pour protéger votre épargne face à une crise financière, diversifiez vos investissements entre différentes classes d’actifs. Privilégiez les placements liquides, les valeurs refuges, et limitez votre exposition aux produits financiers complexes. Gardez une réserve de sécurité accessible.
Pierre Perrin-Monlouis analyse, investit et accompagne. Diplômé de Skema Business School et fondateur du Cercle PPM, j'optimise votre patrimoine avec des stratégies financières axées sur le trading et la gestion à long terme. J'anticipe les cycles économiques, sécurise vos investissements et vous aide à atteindre vos objectifs. Rejoignez Le Cercle PPM et profitez de mon expertise.
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